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Alors que l’arc de cercle symbolise l’univers, le carré est plus
terrien. GIOTTO peignait l’intérieur des maisons. Ces sortes de théâtres
de marionnettes sont simples pour mettre en scène une action
contemporaine. Car la composition d’un tableau est une véritable mise en
scène. Un certain nombre de mes tableaux sont d’ailleurs composés comme
des scènes de théâtre .Autre procédé qui m’est cher : les colonnes. Elles indiquent une
organisation de l’espace dans l’univers comme des abscisses et ordonnées
d’un graphique espace-temps. Lorsque les tableaux ne sont pas ordonnés
ainsi, c’est justement pour indiquer une nature non ordonnée, à
caractère vierge, brut, primordial, avant toute acculturation. C’est
ainsi que sont représentés la série Homme I, II, III, IV et V, Animal I,
Attitude X.
Francis BACON nous
donne d’autres procédés commodes pour centrer l’action dans ses tableaux
comme ses « cages »qui sont comme les traits régulateurs délimitant le
tracé des personnages mais aussi qui les enferment dans leur propre
silhouette comme des nourrissons dans leurs langes. Mais aussi les
flèches, les taches placées apparemment sans raison narrative mais qui
sont un moyen facile d’équilibrer le tableau. Car en somme, tous ces
procédés que l’on retrouve dans ce que je peins, servent la mise en
scène, l’esthétique qui est le moyen d’émouvoir, d’arrêter le regard qui
est ce pour quoi on peint.
Reste un procédé important usé par tous les artistes : la déformation.
Déformation des personnages, des visages, des corps, des objets,
déformation des perspectives. MICHEL-ANGE, EL GRECO, PICASSO, BACON en
ont usé. J’en fais mon affaire. J’amoche mes portraits, je les tords,
les malaxe, les fends sans pourtant les dénaturer. Les visages restent
eux-même reconnaissables. Mais Ô combien humains, émouvant. Cette
représentation du portrait s’adresse à l’affect qu’il veut faire vibrer.
Elle en fait des masques de tragédie, non pas neutres comme dans la
tragédie grecque, mais bien particulier.
En fin de compte, il s’agit par tous ces procédés, de révéler
l’invisible, de rendre évident ce qui ne l’est pas à première vue, par
de petits déplacements des regards. C’est ainsi que le peintre, comme le
poète, se fait voyant.
Mais il s’agit aussi de donner une image du destin de l’Homme, l’Homme
qui n’a pas encore entrevu son destin dans Homme de I à V, Animal I
etc.…, Homme civilisé, angoissé et désespéré dans la série Homme de VI à
XI, homme seul dans « Seul », homme porteur d’un secret qu’il ne peut
communiquer dans « Le Secret », Homme replacé dans l’univers des séries
« A dieu que la nature est belle ». Quelle que soit sa représentation,
vache, mouton, lapin, homme, Homme humain.
Les peintres que j’ai cités restent les maîtres qui m’enseignent encore
leur art : GIOTTO, MICHEL-ANGE, EL GRECO, REMBRANLT, FRANZ HALS, mais
aussi, DAVID, COURBET ,VAN-GOGH, TOULOUSE-LAUTREC et GAUGUIN, MUNCH et
bien entendu PICASSO qui est le maître de tous les peintres
contemporains. Et bien entendu, Francis BACON, LUCIAN FREUD. Mais si je
me sens proche de Francis BACON, plus que par son style ou ses
inspirations, c’est par son désespoir et au-delà, sa révolte.
A ceux qui trouvent ma peinture un peu crue, dure ou Hard, je dédie ce
poème du polonais Julian TUMIN:
Erratum
Dans ma vie s’est glissé une erreur navrante
D’où textes incohérents et beaucoup de détours
Veuillez corriger
D’en haut jusqu’à l’année 40
(Et j’ignore jusqu’où en bas)
Au lieu de : désespoir
Il faut : amour
serge marquet - artiste peintre
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